Accueil/Blog/Fiscalité
Fiscalité

Comment choisir entre IR et IS à la création de votre société

YR
L'équipe YR Partners
12 août 2026
12 min de lecture
Fiscalité
L'essentiel
  • À l'IR, le résultat de l'entreprise est imposé directement entre les mains du dirigeant, au barème progressif, qu'il se verse un revenu ou non.
  • À l'IS, la société est imposée séparément (taux réduit de 15 % puis taux normal, sous réserve d'évolution), et le dirigeant n'est taxé que sur ce qu'il se verse réellement.
  • Le bon choix dépend surtout du niveau de résultat attendu, du besoin de trésorerie personnelle et de la stratégie de réinvestissement.
  • Certaines structures (SARL, EURL, EI) peuvent opter pour l'IS ou revenir à l'IR sous conditions et délais précis, à valider avec votre expert-comptable.

Vous créez votre entreprise et une question revient sans cesse dans vos échanges avec des conseillers ou sur les forums : faut-il opter pour l'impôt sur le revenu (IR) ou pour l'impôt sur les sociétés (IS) ? Comment choisir entre IR et IS à la création est l'une des décisions les plus structurantes du montage juridique et fiscal d'une entreprise, car elle influence directement votre niveau de charges, votre trésorerie personnelle et la façon dont vous pourrez réinvestir vos bénéfices.

Ce choix n'est pas figé à vie, mais il conditionne les premières années d'activité et un changement en cours de route implique des démarches et des conséquences fiscales à anticiper. Cet article détaille les mécanismes de l'IR et de l'IS, les critères qui doivent guider votre décision selon votre forme juridique (EI, EURL, SARL, SASU), et des exemples chiffrés pour visualiser l'impact réel sur votre revenu net.

IR et IS : définition et différence de fonctionnement

L'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés sont deux régimes d'imposition des bénéfices qui ne s'appliquent pas au même niveau. Comprendre cette différence est le point de départ de toute décision.

Le régime IR, une imposition directe entre les mains de l'exploitant

À l'IR, l'entreprise n'est pas un contribuable distinct de son dirigeant. Le résultat fiscal, qu'il soit distribué ou non, est intégré dans la déclaration de revenus personnelle du chef d'entreprise ou des associés (au prorata de leurs parts), puis soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. C'est le régime par défaut de l'entreprise individuelle, de l'EURL détenue par une personne physique, et des sociétés de personnes comme la SARL de famille ou la SCI n'ayant pas opté pour l'IS.

Le régime IS, une imposition au niveau de la société

À l'IS, la société est un contribuable à part entière. Elle paie l'impôt sur son bénéfice au taux réduit de 15 % jusqu'à un certain seuil de résultat (sous réserve d'évolution, à confirmer avec votre expert-comptable pour l'année 2026), puis au taux normal au-delà. Le dirigeant n'est imposé personnellement que sur la rémunération qu'il se verse et sur les dividendes éventuellement distribués. C'est le régime obligatoire des SASU et SAS, et le régime par défaut des SARL et des sociétés de capitaux.

Bon à savoir

Certaines structures normalement soumises à l'IR (EURL, SARL de famille) peuvent opter pour l'IS, et inversement certaines sociétés de capitaux peuvent, sous conditions strictes et pour une durée limitée, opter temporairement pour le régime des sociétés de personnes. Ces options doivent être mûrement réfléchies avec votre expert-comptable, car elles engagent l'entreprise pour plusieurs exercices.


Comment savoir si votre société doit être à l'IS ou à l'IR

Le statut juridique choisi lors de la création fixe en grande partie le régime fiscal applicable par défaut. Voici les grandes lignes selon la forme de société.

  • Entreprise individuelle (EI) : imposition à l'IR par défaut, dans la catégorie BIC ou BNC selon l'activité. Depuis la réforme du statut unique de l'entrepreneur individuel, une option pour l'IS est possible sous conditions, avec assimilation fiscale à une EURL.
  • EURL : IR par défaut si l'associé unique est une personne physique, avec possibilité d'opter pour l'IS. Si l'associé unique est une personne morale, l'IS s'applique automatiquement.
  • SARL : IS par défaut, sauf option pour le régime IR possible dans certains cas (SARL de famille, ou option temporaire de 5 ans pour les jeunes SARL réunissant certaines conditions).
  • SASU et SAS : IS obligatoire, sans possibilité de basculer vers l'IR (hors option temporaire très encadrée pour les jeunes sociétés).
  • SCI : IR par défaut (revenus fonciers pour les associés), avec option possible et irrévocable pour l'IS, un choix fréquent en investissement locatif meublé ou en stratégie patrimoniale.

Le choix du statut juridique et le choix du régime fiscal sont donc étroitement liés. Si vous hésitez encore sur la forme de votre société, notre article sur le régime fiscal à choisir pour sa société en 2026 détaille les correspondances entre statuts et options fiscales.

Les critères concrets pour trancher entre IR et IS

Au-delà de la forme juridique, plusieurs éléments concrets doivent orienter votre décision.

Le niveau de résultat attendu

Plus le bénéfice est élevé, plus l'IS devient généralement intéressant, car son taux est plafonné alors que le barème de l'IR grimpe jusqu'à 45 % au-delà d'un certain seuil de revenu, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux. À l'inverse, pour un résultat modeste, l'IR peut rester compétitif, notamment grâce à l'abattement forfaitaire des régimes micro ou au quotient familial.

Votre besoin de rémunération personnelle

Si vous devez prélever l'intégralité du bénéfice pour vivre, l'IS n'apporte pas d'avantage réel puisque vous serez de toute façon imposé sur votre rémunération et vos charges sociales. L'IS prend tout son sens lorsque vous pouvez laisser une partie du résultat dans la société pour financer sa croissance ou constituer une trésorerie.

La stratégie de réinvestissement et de croissance

L'IS permet de capitaliser au sein de la société à un taux d'imposition maîtrisé, ce qui facilite l'autofinancement d'investissements, le recrutement ou la constitution d'une trésorerie de précaution. C'est un argument fréquent pour les jeunes SASU en phase de développement.

Le choix entre IR et IS n'est jamais purement théorique : il dépend du montant que vous devez sortir de la société chaque année pour vivre, et de celui que vous pouvez vous permettre d'y laisser.

Tableau comparatif IR et IS

CritèreRégime IRRégime IS
ContribuableLe dirigeant / les associés personnellementLa société elle-même
Base d'impositionRésultat total, distribué ou nonUniquement rémunération et dividendes perçus
Taux appliquéBarème progressif jusqu'à 45 % (sous réserve d'évolution)15 % réduit puis taux normal (sous réserve d'évolution)
DéficitsImputables sur le revenu global du foyer (sous conditions)Reportables uniquement sur les résultats de la société
Charges socialesSur la totalité du bénéfice (TNS notamment)Sur la rémunération versée uniquement
RéinvestissementPeu avantageux, tout est imposé même non prélevéFavorable, le résultat non distribué reste taxé au taux IS
FormalismePlus léger, notamment en micro-entrepriseComptabilité d'engagement, liasse fiscale complète

Exemple chiffré : IR ou IS, quel impact sur votre revenu net

Prenons un profil anonymisé pour illustrer concrètement l'écart : une SASU en création dégageant un bénéfice annuel de 60 000 euros avant impôt.

  • À l'IS : si le dirigeant se verse une rémunération de 30 000 euros et laisse 30 000 euros de bénéfice dans la société, seule la rémunération est soumise à l'IR à titre personnel. Le bénéfice restant supporte l'IS au taux réduit sur la tranche concernée, puis peut être distribué en dividendes (soumis au prélèvement forfaitaire unique ou au barème sur option) ou réinvesti.
  • À l'IR : les 60 000 euros de bénéfice sont intégralement soumis au barème progressif du foyer fiscal, que le dirigeant les prélève ou non, en plus des cotisations sociales calculées sur la totalité.

Dans ce cas de figure, l'IS permet souvent de lisser la pression fiscale en modulant la rémunération, alors que l'IR taxe l'intégralité du résultat sans marge de manœuvre. À l'inverse, pour un résultat plus faible (autour de 20 000 à 25 000 euros), l'écart est souvent moins marqué, voire favorable à l'IR selon la situation familiale du dirigeant. Chaque simulation doit être faite au cas par cas, en tenant compte du quotient familial, des autres revenus du foyer et des charges sociales spécifiques au statut choisi.

Bon à savoir

Ces simulations ne remplacent pas un calcul personnalisé. Le passage d'un régime à l'autre modifie aussi le calcul des cotisations sociales, un point trop souvent négligé dans les comparaisons rapides trouvées en ligne.

Quand passer de l'IR à l'IS en cours de vie de l'entreprise

Le choix initial n'est pas irréversible pour toutes les structures. Une EURL ou une SARL soumise à l'IR peut opter pour l'IS à tout moment, sur simple notification au service des impôts. Ce basculement devient pertinent lorsque :

  1. Le résultat de l'entreprise dépasse durablement un niveau où le barème progressif de l'IR devient plus pénalisant que le taux de l'IS.
  2. Le dirigeant n'a plus besoin de prélever l'intégralité du bénéfice et souhaite capitaliser dans la société.
  3. Un projet d'investissement ou de recrutement nécessite de la trésorerie disponible au sein de la structure plutôt qu'imposée puis reversée.

Attention toutefois : l'option pour l'IS est en principe irrévocable depuis la suppression du droit de renonciation dans les 5 ans pour les options exercées après 2019 (sous réserve d'évolution réglementaire, à vérifier avec votre expert-comptable selon la date d'option). Ce point mérite une attention particulière avant toute démarche, car revenir en arrière n'est plus systématiquement possible.

Cas concrets : EI, EURL, SCI face au choix IR ou IS

Une entreprise individuelle en activité de conseil dégageant environ 45 000 euros de bénéfice annuel : le dirigeant a besoin de l'intégralité du résultat pour son train de vie. Rester à l'IR reste cohérent, car l'option pour l'IS n'apporterait pas d'avantage tant que tout le bénéfice est prélevé.

Une EURL détenue par un associé unique dans le bâtiment, avec un résultat en forte croissance et un projet d'achat de matériel : l'option pour l'IS permet de conserver une partie du résultat dans la société à un taux maîtrisé, plutôt que de le voir absorbé par le barème progressif et les cotisations TNS sur la totalité.

Une SCI destinée à la location meublée : l'option pour l'IS est fréquente pour amortir le bien immobilier et réduire la base imposable, une stratégie à comparer avec le régime LMNP classique. Ce sujet mérite un chiffrage précis, à mettre en perspective avec le prix d'un comptable spécialisé LMNP et le coût de gestion d'une SCI à l'IS, détaillé dans notre article sur le prix d'un expert-comptable pour une SCI.


IR ou IS : quel régime social pour le dirigeant selon le choix

Le régime fiscal influence aussi le régime social du dirigeant, un point souvent sous-estimé. À l'IR, le dirigeant relevant du statut de travailleur non salarié (EI, gérant majoritaire de SARL) cotise sur la totalité du bénéfice, prélevé ou non. À l'IS, les cotisations sociales du dirigeant assimilé salarié (président de SASU) ou TNS (gérant majoritaire de SARL à l'IS) portent uniquement sur la rémunération effectivement versée, ce qui offre une marge de pilotage supplémentaire en modulant salaire et dividendes.

Cette articulation entre fiscalité et social justifie souvent de solliciter notre expertise en fiscalité avant de figer un montage, car une décision prise uniquement sur un critère fiscal peut s'avérer coûteuse socialement, et inversement.

Questions fréquentes

Comment choisir entre IS et IR ?

Le choix dépend principalement du niveau de bénéfice attendu, du besoin de rémunération immédiate du dirigeant et de la volonté de réinvestir dans l'entreprise. L'IS convient mieux aux structures qui peuvent laisser du résultat en réserve, l'IR reste pertinent quand tout le bénéfice est prélevé chaque année.

Quel est le régime social à choisir pour mon entreprise, IR ou IS ?

Il n'existe pas de régime social attaché directement à l'IR ou l'IS, mais le mode de calcul des cotisations diffère fortement : à l'IR, elles portent sur la totalité du résultat, à l'IS, uniquement sur la rémunération versée au dirigeant. Ce point doit être simulé conjointement avec le choix fiscal.

Quand passer de l'IR à l'IS ?

Le passage devient généralement pertinent lorsque le résultat de l'entreprise dépasse un seuil où le taux de l'IS devient plus favorable que le barème progressif de l'IR, ou lorsque le dirigeant souhaite conserver une partie du bénéfice dans la société. L'option est en principe irrévocable, un point à valider avec votre expert-comptable avant toute démarche.

IS ou IR, quel régime est le plus avantageux ?

Aucun des deux régimes n'est systématiquement plus avantageux : cela dépend du niveau de résultat, du besoin de trésorerie personnelle et de la situation familiale du dirigeant. Une simulation chiffrée personnalisée reste indispensable avant de trancher.

Une EURL doit-elle choisir l'IS ou l'IR ?

Une EURL détenue par une personne physique est soumise à l'IR par défaut, mais peut opter pour l'IS si la stratégie de l'entreprise privilégie le réinvestissement du bénéfice plutôt que son prélèvement intégral.

Une entreprise individuelle peut-elle opter pour l'IS ?

Oui, depuis la réforme du statut unique de l'entrepreneur individuel, une option pour l'IS est possible sous conditions, avec assimilation fiscale à une EURL. Cette option doit être mûrement pesée, car elle modifie en profondeur le mode d'imposition et les obligations comptables.

Comment calculer concrètement l'écart entre IR et IS pour ma société ?

Il faut simuler l'imposition personnelle sur la base du barème progressif en tenant compte du foyer fiscal, puis la comparer à l'IS sur le résultat réservé et à l'imposition de la rémunération et des dividendes effectivement perçus. Cette simulation croisée est le seul moyen fiable de trancher, idéalement réalisée avec votre expert-comptable.


Le choix entre IR et IS à la création n'est pas une formalité administrative, c'est une décision structurante qui doit être adossée à une simulation chiffrée de votre situation réelle : niveau de résultat, besoin de rémunération, projets de développement. Un mauvais choix initial peut coûter cher les premières années, et un changement en cours de route n'est pas toujours possible ou judicieux.

Chez YR Partners, nous accompagnons les créateurs d'entreprise dans le choix de leur statut juridique et de leur régime fiscal, avec des simulations personnalisées adaptées à votre projet. Si vous êtes en phase de création d'entreprise, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec un expert-comptable pour sécuriser ce choix avant votre immatriculation.