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Quelles sont les mentions obligatoires sur une facture en 2026

YR
L'équipe YR Partners
13 octobre 2026
13 min de lecture
Comptabilité
L'essentiel
  • Une facture française doit comporter environ 18 mentions obligatoires en 2026 : identité des parties, numéro, dates, détail des produits ou services, prix, TVA et conditions de règlement.
  • L'absence d'une mention obligatoire expose à une amende de 15 € par mention manquante ou inexacte, plafonnée à 25 % du montant de la facture.
  • Les auto-entrepreneurs ont des règles spécifiques : mention de la franchise en base de TVA, numéro SIREN, et statut EI le cas échéant.
  • La facturation électronique devient progressivement obligatoire entre 2026 et 2027 pour les transactions B2B en France, avec des mentions complémentaires à anticiper.
  • Pour une facture intracommunautaire, le numéro de TVA intracommunautaire des deux parties est indispensable dès le premier euro facturé.

Les mentions obligatoires sur une facture sont fixées par le Code de commerce (article L441-9) et le Code général des impôts (article 242 nonies A de l'annexe II) : il faut y faire figurer l'identité complète du vendeur et de l'acheteur, un numéro unique, la date, le détail et le prix de chaque prestation, le taux et le montant de TVA, ainsi que les conditions de paiement. Au total, une facture standard en 2026 compte une quinzaine à une vingtaine de mentions selon la situation.

Oublier une seule de ces informations n'est pas un détail administratif. Une facture incomplète peut être rejetée par un client, bloquer une déduction de TVA, ou déclencher un redressement lors d'un contrôle fiscal. Avec l'arrivée progressive de la facturation électronique obligatoire, la liste s'enrichit encore. Voici, point par point, ce que doit contenir chaque facture émise en France, et les variantes selon votre statut ou votre pays de rattachement.


Quelles sont les mentions obligatoires sur une facture en France

En France, une facture doit comporter 18 catégories de mentions obligatoires au titre du Code de commerce et du CGI, qu'il s'agisse d'une vente de bien ou d'une prestation de service. Ces règles s'appliquent à toute transaction entre professionnels (B2B) et, pour partie, aux ventes aux particuliers dès lors qu'une facture est émise.

Voici la liste de référence :

  • La date d'émission de la facture
  • Un numéro unique basé sur une séquence chronologique et continue
  • La date de la vente ou de la prestation de service, si elle diffère de la date d'émission
  • L'identité complète du vendeur : nom ou dénomination sociale, forme juridique, adresse du siège
  • Le numéro SIREN ou SIRET et, pour les sociétés, le montant du capital social
  • Le numéro RCS et la ville d'immatriculation pour les commerçants
  • L'identité complète de l'acheteur (nom, raison sociale, adresse)
  • Le numéro de TVA intracommunautaire du vendeur, dès lors que le montant HT dépasse 150 €
  • Le numéro de bon de commande, le cas échéant
  • La désignation précise et la quantité des produits ou services
  • Le prix unitaire hors taxes de chaque produit ou service
  • Les éventuelles réductions (rabais, remises, ristournes) acquises à la date de la vente
  • Le taux de TVA applicable pour chaque produit ou service
  • Le montant total HT et le montant total TTC
  • La date limite de paiement et les conditions d'escompte en cas de paiement anticipé
  • Le taux des pénalités en cas de retard de paiement
  • Le montant de l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement en cas de retard
  • La mention de l'assurance professionnelle pour certaines activités réglementées (artisans notamment)

Cette liste constitue le socle. Elle se complète selon l'activité : expert-comptable pour auto-entrepreneur, profession libérale, ou e-commerce ont chacun des mentions spécifiques détaillées plus bas.

Bon à savoir

Le numéro de facture doit suivre une séquence chronologique et sans rupture. Toute facture annulée doit être remplacée par un avoir, jamais supprimée de la séquence : un trou dans la numérotation est un signal d'alerte classique lors d'un contrôle fiscal.


Quelles sont les 9 mentions obligatoires sur une facture : le socle minimal

Les 9 mentions obligatoires les plus souvent citées correspondent au socle minimal exigé pour toute facture, même simplifiée : identité du vendeur, identité de l'acheteur, numéro de facture, date, désignation des produits, quantité, prix unitaire HT, taux de TVA et montant total TTC.

Cette version "resserrée" circule souvent dans les guides généralistes car elle correspond à ce qu'on retrouve sur une facture de vente courante entre professionnels, hors cas particuliers (TVA intracommunautaire, pénalités de retard, assurance professionnelle). En pratique, ce socle de 9 points ne suffit pas à sécuriser votre facture face à un contrôle : il manque notamment les conditions de paiement, les pénalités de retard et l'indemnité de recouvrement, qui sont exigées dès lors que la facture concerne une relation B2B.

Pour une facture de vente classique entre un fournisseur et un client professionnel, mieux vaut donc toujours se référer à la liste complète des 18 mentions plutôt qu'à ce socle simplifié, qui ne couvre que l'essentiel visuel de la facture.


Quelles sont les mentions obligatoires sur une facture auto-entrepreneur

Une facture d'auto-entrepreneur doit comporter, en plus du socle commun, la mention "TVA non applicable, article 293 B du CGI" tant que le seuil de franchise en base n'est pas dépassé, ainsi que le numéro SIREN (pas de SIRET obligatoire si l'activité est unique).

Les spécificités à ne pas oublier pour une facture auto-entrepreneur en 2026 :

  • La mention de la franchise en base de TVA, tant que le chiffre d'affaires reste sous les seuils en vigueur (ces seuils évoluent régulièrement, à vérifier chaque année avec votre expert-comptable)
  • Le statut juridique : "Entrepreneur individuel" ou "EI"
  • Le numéro SIREN à 9 chiffres
  • Pour les activités artisanales, la mention "Dispensé d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés" le cas échéant, ou l'inscription au Répertoire des métiers
  • Les coordonnées bancaires si le règlement se fait par virement

Dès que le chiffre d'affaires franchit le seuil de TVA applicable, l'auto-entrepreneur doit basculer vers une facturation avec TVA collectée, en indiquant le taux et le montant correspondant. Ce changement de régime mérite d'être anticipé plusieurs mois à l'avance pour ajuster les tarifs et les outils de facturation. Pour un pas-à-pas détaillé, consultez notre article sur comment faire une facture en auto-entrepreneur en 2026.

Une facture auto-entrepreneur sans la mention de franchise en base de TVA, alors que le seuil n'est pas dépassé, reste valable sur le fond mais expose à une remarque lors d'un contrôle et peut semer le doute chez le client sur le régime fiscal appliqué.

Quelles sont les mentions obligatoires sur une facture électronique en 2026

Une facture électronique doit contenir les mêmes mentions qu'une facture papier, auxquelles s'ajoutent le format structuré imposé (Factur-X, UBL ou CII) et des données techniques permettant son traitement automatisé via une plateforme de dématérialisation.

La réforme de la facturation électronique s'échelonne en France entre 2026 et 2027 selon la taille de l'entreprise. Toutes les entreprises devront être en mesure de recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, et l'obligation d'émettre se généralise ensuite selon un calendrier par taille d'entreprise (grandes entreprises, ETI, puis PME et TPE), sous réserve d'évolution du calendrier légal, à confirmer avec votre expert-comptable.

Au-delà des mentions classiques, la facture électronique intègre des données complémentaires utiles au suivi de la TVA pour l'administration :

  • Le statut de l'opération (vente, prestation, acompte)
  • Le numéro SIREN du client, même en B2B domestique
  • La nature de la facture (facture initiale, avoir, facture rectificative)
  • L'option retenue pour la TVA sur les débits ou sur les encaissements, le cas échéant

Pour les entreprises qui anticipent cette transition, l'enjeu dépasse la simple conformité des mentions : il s'agit de revoir les processus de facturation et de collecte des données. Notre article sur la pré-comptabilisation automatique détaille comment ces flux peuvent être fiabilisés en amont.

Bon à savoir

La facture électronique ne se résume pas à un PDF envoyé par email. Elle doit respecter un format structuré et transiter par une plateforme agréée pour être reconnue conforme au sens de la réforme.


Quelles sont les mentions obligatoires sur une facture intracommunautaire

Une facture intracommunautaire doit mentionner le numéro de TVA intracommunautaire du vendeur ET de l'acheteur, ainsi que la mention "Exonération de TVA, article 262 ter I du CGI" ou "autoliquidation" selon le sens de l'opération.

Pour une livraison de biens vers un autre État membre de l'Union européenne, les mentions suivantes s'ajoutent au socle habituel :

  • Le numéro de TVA intracommunautaire des deux parties, vérifiable via le système VIES
  • La mention d'exonération de TVA pour les livraisons intracommunautaires
  • La mention "autoliquidation" lorsque c'est le client qui doit déclarer la TVA dans son pays
  • La référence à la déclaration d'échange de biens (DEB) ou à l'état récapitulatif TVA, selon les seuils applicables

Ces règles concernent en priorité les entreprises qui vendent ou achètent des biens ou services au sein de l'UE. Un e-commerçant qui expédie vers l'Allemagne ou l'Espagne doit vérifier systématiquement la validité du numéro de TVA de son client professionnel avant d'appliquer l'exonération, faute de quoi la TVA française reste due.


Quelles sont les mentions obligatoires sur une facture à l'étranger (Belgique, Maroc, Algérie)

Les mentions obligatoires varient selon le pays : la Belgique applique un régime proche du droit français avec des particularités TVA, tandis que le Maroc et l'Algérie imposent des mentions spécifiques liées à leur réglementation fiscale locale (identifiant fiscal, taxe professionnelle, registre de commerce).

En Belgique, la facture doit notamment comporter le numéro d'entreprise (BCE), le numéro de TVA belge avec préfixe BE, et des mentions spécifiques pour l'autoliquidation en B2B dans le secteur de la construction.

Au Maroc, la facture doit mentionner l'identifiant fiscal (IF), le numéro de registre de commerce, le numéro de la taxe professionnelle, et le numéro d'affiliation à la CNSS pour les employeurs, en plus des mentions commerciales classiques.

En Algérie, les factures doivent indiquer le numéro d'identification fiscale (NIF), le numéro d'identification statistique (NIS), et respecter des règles de facturation normalisée propres au droit commercial algérien.

Pour toute activité impliquant des flux transfrontaliers, il est recommandé de faire valider son modèle de facture par un expert-comptable connaissant les spécificités du pays concerné, les règles locales évoluant fréquemment et n'étant pas transposables d'un pays à l'autre.


Tableau comparatif des mentions obligatoires selon le statut

MentionEntreprise classique (TVA)Auto-entrepreneurFacture intracommunautaire
Numéro et date de factureObligatoireObligatoireObligatoire
Identité vendeur et acheteurObligatoireObligatoireObligatoire
Numéro SIREN/SIRETObligatoireSIREN obligatoireObligatoire
Taux et montant de TVAObligatoireNon applicable (franchise)Exonération mentionnée
Numéro de TVA intracommunautaireSi > 150 € HTNon concerné en généralObligatoire (deux parties)
Pénalités de retardObligatoireObligatoireObligatoire
Format électronique structuréProgressif 2026-2027Progressif 2026-2027Selon réglementation locale

Cas concrets : trois profils, trois factures différentes

Une SASU en création dans le conseil facture ses premiers clients professionnels. Son expert-comptable l'alerte sur l'obligation de mentionner le capital social et le numéro RCS dès la première facture, sous peine d'amende, et met en place un modèle type reprenant les 18 mentions obligatoires dès le lancement.

Un loueur en LMNP qui facture des prestations de conciergerie associées à de la location meublée doit distinguer sur sa facture les loyers (hors champ TVA) des prestations parahôtelières soumises à TVA, avec les taux correspondants clairement indiqués.

Une TPE du bâtiment qui réalise des travaux pour un client professionnel en Belgique doit ajouter la mention d'autoliquidation de la TVA, propre au secteur de la construction transfrontalière, en plus des numéros de TVA intracommunautaire des deux parties.

Bon à savoir

Un modèle de facture mal paramétré dans votre logiciel peut faire disparaître une mention obligatoire sans que vous vous en rendiez compte, facture après facture. Un contrôle périodique des modèles utilisés évite ce type d'erreur répétée.


Que risque-t-on en cas de facture incomplète ou non conforme

L'absence ou l'inexactitude d'une mention obligatoire est sanctionnée par une amende de 15 € par mention manquante, plafonnée à 25 % du montant total de la facture, au titre de l'article L441-9 du Code de commerce.

Au-delà de cette amende, les conséquences pratiques sont souvent plus lourdes :

  • Le client peut refuser de régler une facture jugée non conforme, retardant la trésorerie
  • La TVA mentionnée sur une facture incomplète peut être remise en cause lors d'un contrôle fiscal, avec perte du droit à déduction pour le client
  • L'absence de facture ou une facture fictive expose à des sanctions pénales bien plus lourdes (amende pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique)
  • Des erreurs récurrentes dans la facturation peuvent déclencher un contrôle fiscal plus large sur l'ensemble de la comptabilité

Un suivi rigoureux des modèles de facture fait partie des bases de notre expertise comptable et fiscale, au même titre que la tenue des comptes ou l'établissement de la liasse fiscale. Ce sujet rejoint aussi des choix structurants comme le choix de la date de clôture comptable, qui influence le calendrier de vos obligations déclaratives.


Questions fréquentes

Quelles sont les 4 nouvelles mentions obligatoires sur les factures en 2026 ?

Dans le cadre de la réforme de la facturation électronique, quatre informations complémentaires s'ajoutent progressivement : le numéro SIREN du client (même en B2B domestique), la nature de l'opération (livraison de bien ou prestation de service), le statut de la facture (initiale, avoir, rectificative) et l'option de TVA retenue (débits ou encaissements). Ces mentions concernent surtout les factures transmises via les plateformes de dématérialisation.

Quelles sont les mentions obligatoires sur une facture de vente simple ?

Une facture de vente standard doit comporter la date, un numéro unique, l'identité du vendeur et de l'acheteur, la désignation et la quantité des produits vendus, le prix unitaire HT, le taux de TVA et le montant total TTC. S'y ajoutent les conditions de paiement et les pénalités de retard dès lors que la vente concerne un client professionnel.

Une facture sans numéro de TVA intracommunautaire est-elle valable ?

Non, dès que le montant HT de la facture dépasse 150 € entre deux professionnels, le numéro de TVA intracommunautaire du vendeur devient obligatoire. Pour une opération entre deux pays de l'UE, le numéro de TVA de l'acheteur est également requis, quel que soit le montant.

Quelle mention obligatoire sur une facture d'auto-entrepreneur qui dépasse le seuil de TVA ?

Dès que le chiffre d'affaires dépasse le seuil de franchise en base, la mention "TVA non applicable, article 293 B du CGI" doit disparaître et être remplacée par le taux de TVA applicable et son montant. Ce basculement s'applique en général dès le premier jour du mois de dépassement, à vérifier avec votre expert-comptable selon votre situation précise.

Faut-il indiquer le capital social sur toutes les factures ?

Oui pour les sociétés commerciales (SASU, SARL, SAS, EURL) : le montant du capital social est une mention obligatoire, à côté du numéro RCS et de la ville d'immatriculation. Les entrepreneurs individuels et auto-entrepreneurs n'y sont pas soumis, puisqu'ils n'ont pas de capital social.

Quelles mentions obligatoires concernent spécifiquement les pénalités de retard ?

La facture doit indiquer le taux des pénalités applicables en cas de retard de paiement, ainsi que le montant de l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, prévue par la loi. L'absence de ces mentions est l'une des erreurs les plus fréquentes relevées sur les factures de TPE.

Une facture électronique doit-elle encore mentionner les informations classiques ?

Oui, la facture électronique reprend l'intégralité des mentions obligatoires d'une facture papier (identité des parties, numéro, dates, TVA, conditions de paiement), auxquelles s'ajoutent des données techniques liées au format structuré et à la transmission via une plateforme agréée.


La conformité d'une facture ne se joue pas sur un ou deux champs oubliés, mais sur la cohérence de l'ensemble du document avec votre statut, votre activité et vos clients. Entre les évolutions de seuils, l'arrivée de la facturation électronique obligatoire et les règles spécifiques selon les pays, le sujet mérite d'être revu régulièrement plutôt que figé une fois pour toutes.

Nos équipes accompagnent au quotidien des TPE, indépendants et sociétés sur la mise en conformité de leurs modèles de facturation, en lien avec conseil et pilotage de l'activité. Si vous souhaitez vérifier que vos factures respectent l'ensemble des mentions obligatoires applicables à votre situation en 2026, vous pouvez prendre rendez-vous avec un expert-comptable pour un point de contrôle rapide.